Quelles sont les valeurs qui empêchent la mise en place d'action de réduction de l'empreinte C ?
sciencesconf.org:gdr1point5:737490
Laurent Jeanneau 1, @ , Emilie Jardé 2, @ , Maiwenn Corrignan 3, @
1 : Univ Rennes, CNRS, Géosciences Rennes, UMR 6118, 35000 Rennes, France
CNRS, Univ Rennes
2 : Univ Rennes, CNRS, Géosciences Rennes, UMR 6118, 35000 Rennes, France
CNRS, Univ Rennes
3 : Univ Rennes, Direction de la Transition Environnementale et Sociale,35000 Rennes, France
Univ Rennes
A l'échelle mondiale, les années 2023 et 2024 ont été les plus chaudes enregistrées depuis 1850 et l'année 2025 a 6,2 % de chance d'être encore plus chaude. Dans ce contexte il est absolument nécessaire de réduire les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le changement climatique. En France, la stratégie nationale bas carbone fixe comme objectif de diviser par 6 les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. Cet objectif se décline dans les différentes fonctions publiques et au sein du CNRS, l'institut des sciences de l'univers, au sein duquel s'inscrivent une partie des recherches sur la zone critique, a lancé une expérimentation pour une réduction volontaire selon une trajectoire de -6 % par an, soit une division par 5 d'ici 2050.
Dans ce contexte, la communauté s'est organisée autour du collectif puis du GDR LABO 1,5 via le développement d'un outil permettant de calculer le BGES des laboratoires, la structuration de la communauté,le partage de bonnes pratiques et la mise en place d'expérimentation.
Pourtant renseigner ne suffit pas, car l'hypothèse de la connaissance comme seul moteur au changement n'est pas vérifiée. En effet, atteindre de telles réductions de l'empreinte C des laboratoires implique de repenser pourquoi et comment nous faisons de la recherche or ces questions viennent en opposition avec ce que nous pensons être la « bonne » manière de faire de la recherche. Cette opposition crée de la dissonance cognitive à laquelle chaque individu peut répondre par une palette de comportement allant du déni à la mise en action en passant par le rejet ou le dénigrement.
Lors du 5ème congrès du Réseau Matière Organique qui s'est tenu en mars 2024, un atelier collectif a rassemblé les participants pour réfléchir à ces valeurs. Après une courte présentation sur le contexte national, la nature de l'empreinte C d'un laboratoire de sciences de l'environnement et le mécanisme de dissonance cognitive, les participants ont été amenés à réfléchir par groupe pendant 1h40 sur les deux questions suivantes : « Quelles sont nos croyances/valeurs qui entrent en dissonance vis-à-vis de la réduction des impacts environnementaux de la recherche? » Dans un premier temps par rapport à nos méthodes de travail (30 minutes) puis dans un deuxième temps par rapport à l'organisation de la recherche (30 minutes). La deuxième question « Que serait un laboratoire de recherche dans une société qui aurait fait ses transitions sociales/ énergétiques/ environnementales? » avait pour but de proposer aux participants de partager leur vision d'une situation enviable.
Parmi les valeurs identifiées par les collègues comme freins à la réduction des impacts environnementaux de la recherche traitent de technosolutionisme, de la numérisation du travail et de la génération de plus en plus de données ainsi que la compétition comme moteur à l'innovation. A contrario, lorsqu'ils sont interrogés sur leur vision du laboratoire idéal, les valeurs mises en avant sont le respect, la bienveillance, la mutualisation et la liberté d'organisation, dans le but de se réapproprier le temps dans une logique de slow science.
Ce poster présente les résultats de cet atelier collaboratif de manière à partager les valeurs identifiées comme freinant la mise en place de réduction des impacts environnementaux de la recherche.
Type : : Poster
Thématiques : L'ESR en voie d'écologisation ?
Licence du fichier : Paternité